Big Bill Morganfield

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C’est le rêve de nombreux pères de voir leurs propres fils leur emboîter le pas. McKinley Morganfield, plus connu sous le nom de Muddy Waters, n’arrêtait pas de se lamenter sur le fait que les jeunes gens noirs ne semblaient pas intéressés par sa musique. S’il était vivant aujourd’hui, à coup sûr il serait très fier de son fils, Big Bill Morganfield.

Un véritable déluge de louanges a suivi la sortie en 1999 du premier album de Bill, ” Rising Son ”. Mais peut-être que le plus marquant de tous les hommages est venu du WC Handy Awards que Bill a gagné en 2000 dans la catégorie ” Meilleur nouvel artiste ”. L’équivalent pour le blues de ce que sont par ailleurs les Grammy Awards.

Né à Chicago en 1956, Bill Morganfield fut élevé par sa grand-mère en Floride du Sud et il habite maintenant dans la région d’Atlanta. L’héritage de son père est le véritable outil de son art. D’ailleurs, Big Bill possède toujours les amplis de tournée de son père ainsi que les guitares sur lesquelles il composa certaines de ses premières oeuvres. Plus important encore, Bill porte en lui l’esprit de Muddy et l’amour du blues, affirmant aussi se sentir en liaison spirituelle avec son père quand il est sur scène.

Par contre, l’influence musicale de son père ne s’est formalisée que sur le tard. Mais ce n’est que bien des années plus tard que Bill a commencé à caresser l’idée de devenir un musicien professionnel. Ainsi, ce n’est qu’après la mort de son père, en 1983, que Bill a décidé d’explorer les arcanes de son héritage musical.
Il devint accro à la scène après s’être produit avec Lonnie Mack à la Center Stage d’Atlanta devant une foule d’un millier de personnes.
Il commença par former un groupe de blues contemporain, mais le projet ne dura que trois mois. Il s’enferma dans sa chambre afin de consacrer toute son énergie à améliorer son jeu de guitare et à aiguiser un talent pour l’heure abrupt, bien que très prometteur. En même temps, il obtint une licence d’anglais à la Tuskegee University and Communications de l’université d’Auburn. Il passa d’innombrables heures à étudier méthodiquement, à décortiquer et à reconstruire des chansons. S’immergeant complètement dans ce travail, Bill apprit ainsi l’art de composer des chansons.

” Rising Son ”, le premier enregistrement de Big Bill, fut enregistré à Chicago, là où son père enregistra tant de grands classiques. L’album fut produit par un vieil ami de Bill, Bob Margolin, qui fut longtemps le guitariste de Muddy, et qui a aussi joué sur l’album. Trois autres membres du Muddy Waters Blues Band se joignirent aussi à Bill en studio, Willie ” Big Eyes ” Smith à la batterie, Paul Oscher à l’harmonica et Pinetop Perkins au piano. Le groupe fut complété par le bassiste Robert Stroger, le légendaire maître du blues de Chicago et par ailleurs un membre du groupe de Sunnyland Slim.

Albums

Ramblin Mind

Label: Dixiefrog
Distribution en France: Night & Day

Aujourd’hui, ” Ramblin Mind ” complète les promesses qu’avaient laissé entrevoir ” Rising Son ”, confirmant la maturation d’une star majeure du blues. L’histoire de Big Bill est tout simplement superbe, et en tant que fils de l’un des musiciens les plus influents du XXe siècle, Bill a relevé le défi consistant à satisfaire les gros espoirs placés en lui. Le succès ininterrompu de Big Bill dans son projet de présenter une nouvelle musique en provenance d’un nouveau membre de la famille Morganfield à l’aube de ce nouveau siècle rendrait très certainement très fier son père. Bill est retourné à Chicago pour réaliser son second album en compagnie d¹un invité particulier du nom de Taj Mahal et du producteur Dick Shuman. ” Ramblin’ Mind ” met en vedette la profonde voix de baryton si particulière de Bill et son jeu de slide scintillant sur une large variété de morceaux, parmi lesquels dix titres originaux. L’un des temps forts de cet enregistrement fut de voir Big Bill faire équipe avec Taj Mahal et Billy Branch, le maître de l’harmonica, sur deux morceaux : ” Strong Man Holler ”, un titre original composé spécialement par Taj Mahal pour l’occasion et ” You Gonna Miss Me ”, une chanson enregistrée une première fois par le père de Bill. Les deux compères ont façonné une impressionnante alchimie vocale et de guitare sur ces deux titres.

Big Bill Morganfield - Ramblin Mind